PIERRE REMOUÉ : « J’ESPÈRE PERDRE MA DÉCHARGE EN 2025 »
Après cinq années passées dans le circuit des courses de poneys – avec réussite –, Pierre Remoué s’est fait sa place dans le rang des professionnels depuis maintenant deux ans. À seulement 17 ans, le jeune homme fait actuellement partie des meilleurs apprentis de France.
Jour de Galop.– Comment avez-vous commencé votre carrière et quelle a été votre motivation pour poursuivre dans cette voie ?
Pierre Remoué.– J’ai toujours su que je voulais devenir jockey. J’ai commencé en tant qu’apprenti chez Adrien Fouassier. Cela fait maintenant trois ans que je travaille chez lui et cela se passe très bien. Il m’a confié un poney de course pendant cinq ans. C’est par ce biais que notre collaboration a commencé. Après ces cinq années, je lui ai demandé s’il était possible de m’embaucher en tant qu’apprenti et il a de suite accepté. Je n’ai pas voulu aller ailleurs. J’ai préféré rester dans l’Ouest afin de monter les échelons en progression. La famille n’aurait pas été un frein si j’avais dû m’éloigner de ma région mais c’est forcément un plus de rester proche d’elle. Mon père fait du débourrage et du pré-entraînement et mon oncle entraîne dans le trot. Ils sont très fiers de moi et me conseillent beaucoup. Ils n’hésitent pas non plus à me dire lorsque cela ne va pas.
Pouvez-vous revenir sur vos années poney ?
J’ai eu la chance d’avoir un très bon poney grâce à Adrien. J’ai appris beaucoup de choses au sein des pelotons, ce qui me sert grandement aujourd’hui en course officielle. Je garde d’excellents souvenirs de cette période où j’ai eu dix titres de champion de France. C’était vraiment incroyable. J’aime beaucoup y retourner et mon aide est très appréciée. C’est aussi un circuit qui permet de faire de belles rencontres. Certains jeunes suivent également la même voie que moi.
Que vous apportent en plus les courses de province ?
Sur certains hippodromes de province, les courses sont bien plus tactiques. On ne démarre pas toujours au même moment selon les champs de courses. Il faut donc prendre plus d’initiatives. Cela nous apporte donc l’expérience des pelotons. Dès lors, lorsque nous montons en région parisienne nous sommes moins « perdus » et nous pouvons défendre nos chances face aux meilleurs jockeys. Aujourd’hui, je suis plus sûr de moi et j’arrive à être plus entreprenant.
Quels sont vos objectifs à long terme ?
Je voudrais être le plus régulier possible afin d’accomplir de belles choses et d’atteindre mes objectifs. Je ne compte pas quitter l’Ouest pour le moment. Je préfère encore gagner en expérience. Plus tard, si l’opportunité se présente de travailler dans une écurie parisienne, pourquoi pas ! J’ai beaucoup grandi depuis mon passage dans le rang des professionnels mais j’arrive facilement à maintenir mon poids. Cela ne me pose aucun problème, ce qui est un gros plus. Mon poids minimum est pour le moment de 49,5 kg. Je ne pensais pas faire une entrée aussi réussie dans les courses officielles. Adrien m’a tout de suite fait beaucoup confiance et je lui dois beaucoup. Il me reste encore 21 gagnants à faire avant de perdre ma décharge. J’espère la perdre cette année. Cela serait beau de le faire pour mes 18 ans. Il faut quand même garder la tête sur les épaules et continuer à se perfectionner.
Comment votre relation avec Adrien Fouassier se passe-t-elle ?
Il a longtemps été un l’un des meilleurs jockeys de l’Ouest avant de s’installer entraîneur en 2019. C’est vraiment un plus d’avoir un patron qui a lui-même été jockey. Il sait ce qu’il se passe dans le peloton et peut comprendre les aléas des courses. Il me livre de nombreux conseils et j’ai une excellente relation avec lui. Arnaud Bourgeais a aussi un contrat chez Adrien. Il m’encourage et me fait également pas mal de recommandations de son côté.
Quels sont les jockeys qui vous inspirent ?
J’aime beaucoup la monte de Mickaël Barzalona et je m’inspirais beaucoup de celle d’Olivier Peslier. Ce sont deux jockeys très fins dans leur monte. Ils ne sont pas « grossiers » et restent assez subtils pour « finir leurs chevaux ». En général, tous les jockeys sont assez disponibles pour nous aider à progresser.
Avez-vous déjà voyagé ?
J’ai vécu une expérience d’une semaine en Irlande chez Joseph O’Brien. Pour le moment, je vais rester en France pour me perfectionner. Si l’occasion se présente un jour d’aller en Angleterre ou en Irlande, je pourrai franchir le pas. Mais ce n’est pas dans mes objectifs pour le moment.
Comment vivez-vous votre métier de jockey au quotidien ?
Grâce aux courses de poneys, j’ai toujours été très serein dans les pelotons. Lors de mes débuts en courses officielles, je n’avais aucune inquiétude. Je prends beaucoup de plaisir à cheval. Mon métier est une passion avant tout. Comme la plupart des jockeys, je n’ai pas vraiment l’impression de travailler.
Quels sont, selon vous, vos points forts et les aspects à améliorer ?
Ce n’est pas une question évidente mais je pense être quelqu’un de patient avec mes chevaux. C’est un point sur lequel j’ai progressé car ce n’était pas le cas avant. Pour mes défauts, j’ai du mal à accepter la défaite. Je veux toujours gagner. Ceci dit, je ne sais pas s’il s’agit vraiment d’un défaut pour un jockey !