UN ACCÉLÉRATEUR POUR L’INSTALLATION D’ENTRAÎNEURS À CHANTILLY
Le concept de pépinière (ou incubateur) d’entreprises est bien connu dans le secteur tertiaire : il s’agit d’une structure destinée à faciliter la création d’entreprises grâce un soutien technique et financier apporté par des acteurs publics et/ou privés. La Communauté de Communes de l’Aire Cantilienne (CCAC), France Galop, et l’Association des Entraîneurs de Galop (AEDG) viennent d’annoncer s’associer pour envisager la création d’une pépinière d’entraîneurs.
La signature de la convention s’est déroulée vendredi à l’hippodrome de Chantilly, en présence de François Deshayes, président de la Communauté de Communes de l’Aire Cantilienne, François Xavier de Chevigny, président de l’AEDG, et Marin Le Cour Grandmaison, responsable de l’hippodrome et du centre d’entraînement de Chantilly. Ce projet innovant vise à offrir un cadre favorable à l’installation et à la pérennisation de ces professionnels dans un territoire où les coûts des terrains et des bâtiments sont particulièrement élevés.
La pépinière est en phase de réflexion : les trois partenaires ont annoncé le lancement d’une étude approfondie visant à identifier les solutions les plus adaptées au projet. L’objectif est de déterminer les services à proposer aux entraîneurs (infrastructures, accompagnement), le modèle de gestion et économique du projet et le cadre juridique à mettre en place.
Au-delà du soutien aux entraîneurs, cette pépinière ambitionne de renforcer l’attractivité du territoire et de maintenir le prestige de l’Aire Cantilienne dans le domaine des courses hippiques. En accompagnant une nouvelle génération de professionnels, elle contribuera à la dynamisation économique locale tout en positionnant la région comme une référence à l’échelle internationale.
TROIS QUESTIONS À FRÉDÉRIC DESHAYES
Fréderic Deshayes est le président de la Communauté de communes de l’aire cantilienne (CCAC).
Jour de Galop. – Pourquoi avoir choisi ce modèle de « pépinière » ? Et depuis combien de temps cette possibilité est-elle à l’étude ?
Fréderic Deshayes. – La filière hippique est une activité économique essentielle de notre territoire et l’une des problématiques concerne l’installation de nouveaux entraîneurs. En raison des prix élevés du foncier, et même s’ils n’ont que peu de chevaux au départ, ils ne parviennent pas à s’installer. Il y a quelques années, un premier projet avait été mené pour une écurie à Lamorlaye. Mais plus nous avancions, plus nous nous rendions compte, vu les contraintes, qu’il n’était pas adapté. Et c’est pourquoi nous nous sommes depuis tournés vers les professionnels des courses et France Galop. Nous avons pensé à créer une pépinière, comme cela se fait dans d’autres activités professionnelles, dans l’industrie ou dans le monde de l’entreprise.
Quel est le coût pour la collectivité ?
Le coût est assez élevé. Mais en tant que collectivité responsable de l’activité économique, nous nous devons d’aider cette filière. Une étude est en cours pour définir le fonctionnement de la pépinière. Elle déterminera aussi s’il s’agira d’un achat ou d’une construction, mais l’investissement pourrait être de l’ordre de 1,5 million d’euros.
Le prix élevé du foncier à Chantilly impacte aussi les salariés des écuries de courses. Beaucoup rencontrent des difficultés pour se loger, ce qui met en péril le fonctionnement même des écuries. S’agit-il d’une préoccupation pour la CCAC ?
Oui, bien sûr, mais c’est une préoccupation à laquelle nous ne savons pas répondre. La ville de Chantilly avait tenté, il y a une quinzaine d’années, de construire un immeuble correspondant aux besoins des salariés d’écuries, géré par un bailleur social. Or, juridiquement, les règles d’attribution des logements ne permettent pas de donner directement ces logements au personnel d’écuries ou salariés du monde du cheval. Avec le temps, cet immeuble a donc été occupé par d’autres personnes et il ne répond donc plus au besoin initial. L’Afasec, elle, en revanche, répond à ce type de besoin, mais ne dispose pas suffisamment de logements.