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mercredi 26 février 2025
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LEMOS DE SOUZA : « POUR GAGNER DÉBUT 2025, LE TRAVAIL COMMENCE EN SEPTEMBRE 2024 »

LA PRÉCOCITÉ EN QUESTION

LEMOS DE SOUZA : « POUR GAGNER DÉBUT 2025, LE TRAVAIL COMMENCE EN SEPTEMBRE 2024 »

En compagnie de son épouse, l’entraîneur britannique Amy Murphy, le Brésilien Lemos de Souza forme un tandem particulièrement efficace et très en vue avec les 2ans ces dernières années en France. Au sein de ce duo, il supervise (notamment) les achats des yearlings aux ventes et leur préparation jusqu’au jour où ils se rendent à l’entraînement.

« Au-delà du pedigree, la précocité est une question d’individu. Pour aller tôt aux courses, il faut une bonne conformation et des aplombs corrects. Je ne suis pas inquiet si les yearlings ne marchent pas très bien, à condition qu’ils soient taillés en sprinters. Par contre, un cheval qui est censé avoir plus de tenue doit être un bon marcheur. Dans les deux cas, je suis très attentif à l’équilibre mais encore plus si la finalité est d’aller tôt aux courses. Il faut également des chevaux avec de la force, pas des sujets dégingandés et « décousus »… Au contraire, ce sont des choses que je peux pardonner à un sujet qui aura besoin de temps pour venir. D’une manière générale, quel que soit le type des yearlings, j’essaye d’acheter dans des haras où les chevaux sont bien élevés et bien nourris. Mais aussi bien préparés – et ce très tôt dans leur vie. C’est capital ! Cela a un impact décisif sur mon travail lorsque je prends le relais après avoir acheté lesdits yearlings. »

« Je suis très attentif à l’équilibre chez les yearlings, mais encore plus si c’est pour aller tôt aux courses. »

Le travail doit commencer dès la fin des ventes

« Pour les courses du premier semestre 2025, tout se joue maintenant [début septembre, ndlr]. Après les ventes, le travail commence rapidement, en alternance avec des périodes au paddock. Nous sommes début septembre et j’ai déjà acheté neuf yearlings à Deauville, à Doncaster et à la Somerville Sale de Tattersalls. Ceux qui ont été acquis chez Tattersalls viennent juste de mettre les pieds à l’écurie et nous commençons le travail à la longe avec selle et harnachement. Les jeunes chevaux venus d’Arqana et de Doncaster ont déjà été montés à trois reprises depuis leur arrivée ici. Et ils sont ensuite allés au paddock. Tout le monde va revenir à l’écurie fin octobre et le travail va commencer le premier jour de novembre. Ils font canter tous les jours en file indienne, sur une piste en herbe avec du dénivelé. Je leur consacre le maximum de temps possible pour les éduquer et les façonner.

Pendant les vacances de Noël, nous leur donnons dix jours de repos complet. Si le climat le permet, les chevaux vont au paddock la journée et ils dorment au box la nuit. C’est à ce moment-là qu’ils deviennent des chevaux de course… s’ils en ont les capacités. Pour la question de la précocité, il y a également le facteur du nombre. Si vous pouvez sélectionner 10 ou 20 yearlings avec le bon profil, cela vous permettra quelques mois plus tard d’avoir plusieurs sujets effectivement précoces. Car beaucoup, dans les faits, ne le seront pas et auront tout simplement besoin de temps. Ces dernières années, entre ceux que nous achetons et ceux que l’on nous confie, nous comptabilisons entre 20 et 25 yearlings par an au débourrage à l’écurie. Parfois, nous récupérons quelques 2ans de breeze up, mais cela reste marginal. Parmi les 20 à 25 façonnés à la maison, je pense que la moitié environ va effectivement être capable d’aller aux courses de bonne heure, à 2ans.

Chacun a sa méthode, sa manière de faire, et je ne crois pas qu’il existe de martingale ou de solution miracle. Au fond, la situation idéale est celle dans laquelle vous achetez des chevaux qui vous correspondent et qui vont fonctionner dans votre système à vous. Huit de nos pensionnaires sur dix que vous voyez courir en France à 2ans sont arrivés de cette manière dans notre effectif : nous les avons choisis ! »

« Parmi les 20 à 25 yearlings façonnés à la maison, je pense qu’environ la moitié va effectivement être capable d’aller aux courses de bonne heure à 2ans. »

Cela fait appel à des qualités d’homme de cheval

« Le déclic a aussi été ma rencontre avec Amy. Nous sommes ensemble depuis onze ans et son ambition a toujours été d’être entraîneur. Mon activité d’achat de yearlings était complémentaire de la sienne. Et cela fonctionne plutôt bien. Au Brésil, gagner sa vie dans les courses est très dur. Pour « survivre », il faut être un bon cavalier, capable de juger un cheval. Si vous n’en avez pas les moyens, vous ne trouverez tout simplement pas de travail dans une écurie. Ou du moins, vous n’arriverez pas à conserver votre emploi. La sélection est très sévère. Si je dois parler de mon cas personnel, mais aussi de celui de quelques amis comme Robson [Agiar, le limier d’AMO Racing, ndlr] ou Diego [Diaz, qui connaît une belle réussite dans la préparation des 2ans en Europe, ndlr], je pense que nous avons été élevés « à la dure ». Durant nos années de formation au Brésil, il fallait travailler intensément. Si vous avez un brin d’aptitude et que vous possédez une grosse capacité de travail, vous arriverez toujours à quelque chose. Nous avons tous les trois grandi dans l’idée de devenir jockeys, mais les opportunités de la filière brésilienne sont si minces qu’il fallait essayer autre chose. Et nous avons choisi d’émigrer en Europe. J’étais champion des apprentis et j’ai gagné cent courses dans mon pays. Mais mon avenir était malgré tout bien meilleur, ici, en Grande-Bretagne. Si vous quittez votre pays, c’est un peu « quitte ou double » et vous ne vous laissez pas le droit à l’erreur. Dès le départ, vous savez que vous allez travailler très dur pour essayer de vous en sortir. Personnellement, une fois arrivé en Europe, je me suis rendu compte que je passais mon temps à faire le tour de l’Angleterre en voiture pour pas grand-chose. Comme d’autres avant moi, j’ai donc décidé de faire autre chose et de vivre du commerce des chevaux. Je crois que tous les Brésiliens qui ont suivi cette voie ont commencé petitement, avec des pinhookings à 5.000 ou 10.000 Gns. Mais ne vous méprenez pas, il y a beaucoup de bons chevaux peu chers. Nous travaillons alors pour faire en sorte que le poulain soit au meilleur de ses capacités dès sa deuxième ou sa troisième course.

Le « truc », c’est qu’ensuite, quand le cheval est bon, il ne faut pas être trop vénal. Cela ne sert à rien d’attendre en espérant toucher le gros lot : il faut vendre tôt ; tant mieux si l’acheteur gagne plus que vous ensuite. Et ceci est un autre facteur qui a favorisé la réussite des Brésiliens ici en Europe : nous avons souvent été réalistes et pragmatiques. Au bout de la route, si vous jouez à conserver un cheval pour tenter de gagner toujours plus, vous êtes perdant car l’erreur ne pardonne pas. Si bien que l’année suivante, vous n’avez plus d’argent pour aller aux ventes. »

LES 2ANS CHEZ POLLET ET BOUTIN

En seulement 28 saisons, sans jamais avoir plus de cinquante chevaux, Étienne Pollet a tout gagné. Dont sept classiques en Irlande et en Angleterre, dix en France et trois fois l’Arc. Mais le Cantilien avait aussi été tête de liste des entraîneurs de 2ans en France à de nombreuses reprises, remportant notamment sept fois le Grand Critérium, 12 fois le Morny et trois fois le Papin. Employé chez Étienne Pollet, puis chez François Boutin, Raymond Lamonarca a monté beaucoup de bons chevaux, dont le légendaire 2ans Arazi (Blushing Groom). Il se souvient :

« J’ai commencé en 1965 comme apprenti chez Étienne Pollet. Il n’avait que des cavaliers sérieux, qui connaissaient leurs montures. Nous ne nous occupions que de trois chevaux et ils étaient confiés au même cavalier jusqu’à leur retraite. Au vu de la dose de travail, il n’y avait pas tant de casse que cela. Les yearlings arrivaient presque « sauvages ». Certains demandaient beaucoup de temps avant d’être montables. Ceux qui étaient difficiles travaillaient plus et se calmaient d’eux-mêmes. Avec les yearlings, nous savions dès octobre lequel serait le meilleur à 2ans. Étienne Pollet demandait beaucoup à ses pensionnaires le matin. Petits ou grands, tous les 2ans travaillaient et, ensuite, il faisait son tri. C’est le matin qu’on y voyait clair, comme on dit. À force de travailler, les chevaux encaissaient. Aujourd’hui, les chevaux travaillent beaucoup moins et passent plus de temps au marcheur. Sur la piste que l’on appelle « la Perth », on partait du point zéro et il fallait les faire travailler dans la côte. « Pour voir la vérité » : c’était l’expression de Pollet. Nous allions également souvent travailler sur les champs de courses. À l’époque, les vétérinaires étaient bien moins présents. On soignait surtout nous-mêmes les chevaux. Ils couraient par ailleurs beaucoup plus souvent, parfois toutes les semaines. On les mettait plus rarement au repos. Étienne Pollet était là du matin au soir. Il ne quittait que très rarement son écurie. Seulement pour aller aux ventes ou aux courses. »

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