HAYA ZARK, LE RÉSILIENT
Non placé dans l’Arc 2023, sur une piste certainement trop rapide pour lui, Haya Zark (Zarak) n’a pas sombré suite à sa défaite de Longchamp. Bien au contraire, il réalise cette année, à 5ans, sa meilleure saison. Si la résilience (équine) avait un nom, on l’appellerait Haya Zark ! Ses quatre sorties de l’année en témoignent : gagnant du Prix Exbury (Gr3) en terrain très lourd, il a remporté le Prix Ganay (Gr1) devant trois lauréats de Gr1, avant de se classer troisième (pas loin) du Prix d’Ispahan (Gr1) et deuxième de La Coupe de Maisons-Laffitte (Gr3). Et dans deux semaines, il va courir l’Arc pour la deuxième fois avant de devenir étalon au haras de la Haie Neuve en 2025. Les bookmakers le proposent à 100/1. Mais de cela, son éleveur et propriétaire Odette Fau s’en fiche complètement. Toute sa vie, elle n’a eu de cesse de forcer le destin, qu’il soit hippique ou professionnel. Et pour trouver sa voie, elle n’a jamais eu peur d’emprunter des chemins de traverse. À qui veut l’entendre, l’Aveyronnaise aime dire : « Nous buvons le champagne avant les courses, parce que l’on n’est jamais sûr de le boire après… En vingt années, nous avons donc eu quatre partants dans l’Arc [Haya Landa en 2012 et en 2013, Haya Zark en 2023 et en 2024, ndlr.] » Le galop, c’est un sport toujours difficile, parfois cruel et parfois magique. Et certaines places valent bien des victoires à condition de savoir apprécier les choses à leur juste valeur. Lorsque Haya Landa (Lando) s’est classée quatrième de l’Arc à 133/1, Odette Fau et les siens ont fêté cela dignement. Mais l’ivresse de s’être assis à la table des grands de ce monde hippique n’a pas duré longtemps. Le lendemain matin, à la première heure, Odette Fau et son mari Georges de La Rochebrochard étaient sur le pied de guerre. Le travail n’attend pas. Au fond, cela devrait toujours être ça, les courses : un grand moment de détente pour les gens qui travaillent dur toute la semaine et qui, la réussite professionnelle aidant, peuvent s’offrir ce loisir un peu à part.Â
Par Adrien Cugnasse
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