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mercredi 26 février 2025
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ÉDOUARD DE ROTHSCHILD : « L’ARC A CHANGÉ DE RÔLE, MAIS IL A CONSERVÉ TOUT SON CHARME. »

LE DÉFI DE MQSE DE SÉVIGNÉ

Quatre-vingt-cinq ans. C’est le temps qui s’est écoulé entre les deux dernières gagnantes du Prix de l’Arc de Triomphe, âgées de 5ans. La première Corrida (Coronach) s’est imposée en 1937 devant deux représentants de la casaque Rothschild. La deuxième, en 2022, n’est autre qu’Alpinista (Frankel). Dimanche 6 octobre, la 5ans Mqse de Sévigné (Siyouni) va elle aussi tenter d’écrire l’histoire. Contrairement à ses illustres aînées, Mqse de Sévigné ne s’est jamais produite sur 2.400m. L’élevage et les courses ont beaucoup changé au cours des dernières décennies. Et le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe en atteste parfaitement. À la veille de la dernière semaine qui nous mène au grand rendez-vous de Longchamp, nous nous sommes longuement entretenus avec le baron Édouard de Rothschild. On se souvient des victoires de Brantôme (Blandford), Éclair au Chocolat (Bubbles), et autres Exbury (Le Haar), autant de chevaux qui ont marqué l’histoire de cette illustre casaque… qui était déjà doublement représentée lors de la première édition en 1920 ! Le 6 octobre, Mqse de Sévigné va tenter de rajouter un quatrième succès au palmarès familial. Notre échange n’a rien d’une conversation entre deux nostalgiques ressassant le passé. Édouard de Rothschild est un homme qui regarde vers l’avenir, ayant été le moteur de nombre de changements majeurs dans notre sport : « Je pense que disputer le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe avec Mqse de Sévigné c’est en quelque sorte du bonus avec une jument qui a gagné cinq Grs1 et qui est sortie d’une opération d’élevage comptant une vingtaine de poulinières. Elle est invaincue cette année et a déjà battu les mâles dans le Prix d’Ispahan. » La plus grande interrogation à propos de Mqse de Sévigné concerne sa tenue. Le baron Édouard de Rothschild est très clair sur le sujet : « Son entraîneur André Fabre est convaincu que la jument est capable de tenir et on peut bien entendu lui faire confiance. Je peux aussi ajouter mon point de vue d’éleveur pour étayer ses propos. Mqse de Sévigné est issue d’une souche de tenue, son demi-frère Méandre (Slickly) a gagné quatre Grs1 sur 2.400m, sa mère Penne (Sévres Rose) a décroché son black type sur 2.400m et tous ses produits, même ceux d’un moindre niveau, ont brillé sur ces distances. Siyouni (Pivotal) apporte de la vitesse et surtout de la qualité. Un autre élément m’incite à la confiance. Les bons chevaux sont capables d’aller sur plus long avec succès une fois dans leur vie. Sans remonter trop loin dans le passé, on retiendra le cas de Persian King (Kingman), un miler qui a tenu la distance dans l’Arc en se classant troisième. »

Par Franco Raimondi

fr@jourdegalop.com

ÉDOUARD DE ROTHSCHILD : « L’ARC A CHANGÉ DE RÔLE, MAIS IL A CONSERVÉ TOUT SON CHARME. »

Il n’y a pas si longtemps, les gagnantes de Gr1 partaient à la retraite à la fin de leur campagne de 4ans. Lors des cinq dernières éditions du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, les juments de 5ans ont brillé. Il y a bien sûr eu la victoire d’Alpinista (Frankel) mais également les deuxièmes places de Tarnawa (Shamardal) et d’Enable (Nathaniel). Ce n’est pas le fruit du hasard et Édouard de Rothschild explique : « C’est un changement. Maintenant il y a en France comme dans les autres pays un vrai programme qui encourage les propriétaires à garder à l’entraînement leurs bonnes femelles. Ceci est le fruit de l’important travail réalisé par l’European Pattern Committee. Lorsque vous avez la chance de toucher une pouliche de classe, tout vous incite aujourd’hui à lui donner une saison supplémentaire. C’est quelque chose qui va au-delà des allocations. Je pense qu’envoyer une jument au haras à 6ans n’est pas un problème. Certes, vous perdez une saison mais la valeur comme reproductrice d’une femelle est hypothétique, alors que sa capacité de performer en course – si elle a encore l’envie – est plus facile à juger. Je peux vous citer le cas d’Ésotérique (Danehill Dancer) déjà lauréate de Gr1 qui a connu sa meilleure saison à 5ans avec des victoires dans le Prix Jacques Le Marois et les Sun Chariot Stakes (Grs1). Nous avons suivi le même chemin avec Mqse de Sévigné qui a connu, elle aussi, sa meilleure saison à cet âge… »

Une course qui a changé

Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe a changé de visage au fil des années. La course a suivi l’évolution de l’élevage. Édouard de Rothschild a joué un rôle décisif au cours de ses mandats à France Galop : « Nous avons fait le bon choix avec la décision de raccourcir la distance du Prix du Jockey Club. Nous sommes allés dans le sens de l’évolution de l’élevage. Pour le pur-sang, la vitesse est régénératrice. Pour cette raison, les éleveurs recherchent des étalons en mesure de briller de 1.600 à 2.000m. La sélection se fait désormais sur ces distances et l’Arc de Triomphe a bien logiquement changé sa fonction première. Il y a vingt ans ou plus c’était la course qui faisait les étalons. Maintenant, cette course s’apparente à un championnat, une finale de la saison qui a lieu sur 2.400m. C’est un dernier test qu’on demande aux chevaux de haut niveau. Mais, si l’Arc a changé de rôle, il a conservé tout son charme. C’est une course que tout le monde adore et rêve de gagner. »

L’évolution de l’élevage

L’élevage reste le nerf de la guerre du système et le baron Édouard de Rothschild avec ses vingt poulinières est un éleveur passionné : « Sur une période assez courte, l’élevage en Europe est devenu beaucoup plus professionnel, plus ciblé qu’auparavant. Tout comme le niveau de compétition d’ailleurs. Le nombre d’étalons a augmenté et la qualité aussi. Je pense que les bons étalons européens sont beaucoup plus nombreux qu’il y a trente ou quarante ans. À l’époque, les meilleurs prenaient la direction des États-Unis. »

Le programme a changé

L’autre grand point concerne l’entraînement. Édouard de Rothschild aime suivre de très près ses chevaux : « L’organisation de l’entraînement est devenue plus complexe après la loi sur les 35 heures, et les professionnels ont dû s’adapter. L’entraînement lui-même n’a guère été modifié sur ses bases. Nous avons vu une évolution dans les soins et la nourriture mais le système est toujours le même. Le programme au contraire a beaucoup changé avec l’apparition des P.S.F. et également la façon d’exploiter les chevaux. Il y a vingt ans, il était impossible de débuter en plein hiver un classique en puissance. Maintenant c’est devenu réalisable. La saison de galop qui était axée sur une période plus courte est désormais échelonnée sur les douze mois de l’année, ou presque. »

François Mathet et André Fabre

Édouard de Rothschild a côtoyé deux maîtres de l’entraînement français : François Mathet et André Fabre : « François Mathet était militaire de formation. Dans son travail, on relevait rigueur et discipline. C’était un grand compétiteur. On retrouve la même approche dans le travail d’André Fabre. Pour le reste il s’agit de détails : François Mathet travaillait plus ses chevaux sur le gazon alors qu’André Fabre utilise plus le sable. La philosophie de l’entraînement et du travail reste la même avec les mots-clés que sont rigueur et discipline. Et bien sûr, il y a aussi le génie des hommes qui fait toujours la différence. »

Courses de chevaux et pas de jockeys

Revenons au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Un changement important concerne l’ouverture de l’open stretch adoptée en 2018 à Longchamp mais active dans notre course phare depuis 2019. La vision d’Édouard de Rothschild est simple : « La décision d’adopter l’open stretch avait à la base comme objectif d’avoir des courses comportant moins d’incidents. Et je pense qu’il a été atteint. Parmi les grandes courses, nous avions surtout pensé au Prix de l’Arc de Triomphe et aux Poules d’Essais, des épreuves où une petite gêne pouvait peser lourd dans la balance. Maintenant, avec l’open stretch, tout le monde peut défendre sa chance et les courses ont changé. Nous pouvons assister à des courses de chevaux et non plus à des courses de jockeys, ce qui in fine est le but de la sélection… »

Une édition très ouverte

L’open stretch est encore plus important dans une édition du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe aux valeurs très resserrées comme nous indique Édouard de Rothschild : « Sans un cheval comme City of Troy (Justify) mais avec plusieurs compétiteurs d’un excellent niveau, cette édition est très ouverte. Il est difficile à une semaine de la course d’avoir un scénario très précis de ce que sera l’épreuve mais tout est réuni pour que nous assistions à un « bon » Arc de Triomphe. Nous attendons maintenant le jour J, en espérant que la course pourra se dérouler sur un terrain d’automne – mais pas lourd – sans voir de chevaux malchanceux… »

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