LA NOUVELLE ASSOCIATION
ROUGET + REYNIER =Â ?
Lorsque deux des meilleurs éléments de leur génération respective – peu importe le domaine dans lequel ils exercent – associent leurs talents, le résultat ne peut être que positif. Jean-Claude Rouget et Jérôme Reynier vont tenter de confirmer cette théorie. En attendant les premiers résultats, Franco Raimondi s’est penché sur les statistiques afin de nous livrer un élément de réponse…
L’an dernier, Jean-Claude Rouget a terminé tête liste des entraîneurs pour la cinquième fois de sa carrière avec 7,62 M€ de gains décrochés par 177 partants qui ont remporté sur le sol français 169 courses. En ajoutant les 2,07 M€ engrangés par les 105 partants de Jérôme Reynier (qui ont remporté 102 courses sur l’année), nous arrivons à un total de 9,69 M€. Un chiffre qui ferait office de record virtuel, l’officiel appartenant à André Fabre depuis 2019 lorsqu’il avait atteint 8,85 M€ avec une écurie colossale composée de 179 chevaux qui avaient remporté pas moins de 119 courses dont 27 Groupes. En 2024, la nouvelle association Rouget-Reynier cumulerait à ce jour 3,86 M€ de gains. Un total obtenu par 213 partants qui ont remporté 145 victoires dans l’Hexagone et qui placerait ce binôme en tête du classement des entraîneurs.
Les deux pros totalisent 232 chevaux
Selon un pointage effectué vendredi sur le site de France Galop, nous avons recensé 135 chevaux à l’entraînement chez Jean-Claude Rouget et 97 chez Jérôme Reynier. Soit un total de 232 compétiteurs. Les juniors sont au nombre de 35, dont 32 inédits, à Calas. Ils sont 90 – pour 77 inédits – dans l’organisation Rouget. Cette puissance de feu est très importante mais nous sommes pourtant bien loin des célèbres écuries mammouths dont on ne cessait d’évoquer l’existence, en France comme à l’étranger, il y a une bonne trentaine d’années. À cette époque, contrairement à ce qui est le cas aujourd’hui, les moyens statistiques à notre disposition appartenaient à une autre ère. Sans parler de l’IA…
Henri-Alex Pantall et André Fabre à plus de 200 partants
Au cours des trente dernières années, les entraîneurs ayant sellé plus de 200 partants en France lors d’une même saison ne sont que deux. Henri-Alex Pantall a atteint ce chiffre à dix reprises ! En 2008 pour la première fois et avec un record (227) établi en 2016. Sa meilleure saison au nombre de victoires date également de 2008 lorsque 212 chevaux de l’entraîneur de Beaupréau ont remporté 162 courses. Plus de la moitié (110) n’avaient atteint le poteau en tête qu’à une seule reprise. L’autre professionnel affichant pareille statistique est bien entendu André Fabre. En 1997, l’année de Peintre Célèbre (Nureyev), André Fabre avait couru 201 chevaux différents pour 97 gagnants, qui ont totalisé 155 victoires. Les gains de l’écurie avaient atteint (sans compter les primes) l’équivalent de 5,27 M€. Mais, pour peu que nous transposions les allocations de l’époque à celles d’aujourd’hui, nous pouvons alors bien parler d’un record. Avec 27 Groupes épinglés au cours de cette année faste comme cela a de nouveau été le cas en 2019.
Andrew Balding (242) le number one anglais
Pour arriver à présenter 200 partants, il est préférable de tabler sur un effectif de 250 chevaux. Un chiffre que nous a d’ailleurs indiqué Jérôme Reynier dans notre édition de vendredi. Une cavalerie conséquente mais, comme nous l’avons bien compris, l’objectif de cette association est avant tout de remporter de « bonnes courses », en France comme à l’étranger. C’est un argument qui interroge et qui pourrait déboucher sur un scénario qui reste totalement à écrire pour ce nouveau binôme. Une super écurie, qui intégrerait le talent de ces deux professionnels, pourrait permettre d’optimiser la carrière des chevaux, sans que les premiers empiètent dans la cour des seconds. La team Rouget & Reynier est déjà un fait marquant de la saison 2025. Une première en Europe si l’on occulte le cas des différents entraîneurs anglais qui ont associé leurs fils au sein de l’entreprise. Selon les chiffres de la British Horse Racing Association, deux entraîneurs comptent aujourd’hui plus de 200 chevaux : Andrew Balding caracole en tête avec 242 sujets alors que Charlie Johnston est à 203, ce qui représente un peu moins que l’effectif détenu lorsqu’il était assistant de son père, Mark, l’homme de tous les records en Angleterre. Il ne faut jamais avoir peur d’une nouvelle formule, d’une équation nouvelle : Jean Claude Rouget et Jérôme Reynier nous l’ont démontré.
L’exemple australien
L’association de deux entraîneurs figurant, comme un seul homme, dans le top 10 de leur pays est une première même si la formule est bien connue. En Australie, au cours de la saison 2023-2024, six des entraîneurs figurant au top 10 du classement par les gains travaillent en association. Dans pratiquement tous les cas, il s’agit d’entreprises familiales où, comme c’est le cas pour Gai Waterhouse et Adrian Bott, le boss s’est associé avec son assistant. Ciaron Maher, qui à l’automne 2023 travaillait encore de concert avec David Eustace – ce dernier s’exilera quelques mois plus tard à Hongkong – comptait à l’époque 543 chevaux sous ses ordres ! Ce fort contingent était dispatché sur trois centres d’entraînement ainsi que sur quatre autres structures de pré-entraînement. Et, pour les vacances (on parle de spelling pour les Australiens), Gai Waterhouse et Adrian Bott, qui entraînent plus de 300 chevaux, peuvent compter sur 159 juniors engagés dans les Golden Slipper (Gr1), la célèbre course australienne pour les 2ans qui totalise à cette heure 2.094 inscrits. Abondance de biens…