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mercredi 26 février 2025
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GOLIATH, LE COURAGE DE RÊVER GRAND

KING GEORGE VI AND QUEEN ELIZABETH QIPCO STAKES (GR1)

GOLIATH, LE COURAGE DE RÊVER GRAND

Au poteau des derniers 400m des King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1), on a cru un instant rêver : le français Goliath (Adlerflug) était au petit canter sur la ligne de Rebel’s Romance (Dubawi), alors qu’Auguste Rodin (Deep Impact), qui avait pris le relais de Luxembourg (Camelot) le long de la corde, était à bout du souffle. Ce n’était pas un rêve : Christophe Soumillon a appuyé sur la touche « Go » et Goliath s’est envolé pour offrir à l’entraînement français un succès qui le fuyait depuis 2006 et la victoire de Hurricane Run (Montjeu). Le pensionnaire de Francis-Henri Graffard a affiché 25/1 et a fait tomber le record de la cote de la course qui résistait depuis le succès à 20/1 de Montaval (Norseman) en 1957. La pouliche Bluestocking (Camelot) a gagné l’autre course, à deux grandes longueurs, et Rebel’s Romance a décroché la troisième place plus loin. Le favori Auguste Rodin a aussi perdu la quatrième place, à plus de dix longueurs, au bénéfice du « FR » Sunway (Galiway). Outre Christophe Soumillon, Goliath et Hurricane Run ont aussi en commun la nationalité allemande de leurs propriétaires et éleveurs, la famille von Ullmann et le Gestüt Ammerland.

Le poids du train soutenu

Soren Nordin, grand professeur du trot suédois disait qu’il faut toujours avoir un partant dans les grandes courses sans regarder la cote. Francis-Henri Graffard a avoué après le succès de Goliath : « Quand j’ai vu sa cote, j’ai pensé : « personne ne me fait confiance. » On peut penser aussi s’être trompé. Je savais que pour Goliath, il faut beaucoup de train et dans ce cas, il est capable d’accélérer fort. On avait fait le déplacement à Royal Ascot pour trouver une course rythmée et on était resté sur notre faim. Le cheval ne s’était pas posé et il n’avait pas placé sa pointe de vitesse même s’il avait assez bien couru. Tout s’est bien passé cette fois, la course a avancé, et Christophe Soumillon a monté une course parfaite. C’est comme s’il connaissait déjà le cheval alors qu’il ne l’avait jamais monté, même le matin. Il faut un vrai homme de cheval pour monter Goliath et Christophe savait parfaitement avant la course ce qu’il fallait faire. »

Christophe Soumillon dix-huit ans après

Christophe Soumillon était associé à Hurricane Run et il était aux anges pour son deuxième succès dans les King George : « J’ai eu un parcours en or, c’était un rêve. Je savais qu’il était à 25/1 mais j’étais très optimiste avant la course, il fallait beaucoup de train et il l’a trouvé. Quand j’ai regardé l’écran géant et que j’ai vu qu’on avait deux ou trois longueurs d’avance, j’ai pensé que j’étais en train de rêver. »

Un programme riche en voyages

Francis-Henri Graffard, après le succès de Calandagan (Gleneagles) dans les King Edward VII Stakes (Gr2) à Royal Ascot, a connu un autre jour de gloire en Angleterre mais il ne veut pas jouer la comparaison entre les deux : « Le seul point commun, c’est qu’ils sont hongres. Goliath possède une vraie pointe de vitesse, alors que Calandagan peut partir de plus loin. Le programme de Calandagan est fixé : il sera au départ des Juddmonte International, alors que pour Goliath, je veux voir comment il rentre avant de faire un planning. Il est sûr qu’il voyagera beaucoup. »

Le terrain, excuse de Ballydoyle

Ralph Beckett était très satisfait de la course de Bluestocking : « Elle a très bien couru et a montré qu’elle est compétitive face aux mâles. Je pense qu’elle peut aller sur les Yorkshire Oaks (Gr1) avant d’avoir sa chance dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). » William Buick n’avait pas d’excuses pour la troisième place de Rebel’s Romance, alors qu’Aidan O’Brien n’a pas bien accepté la défaite d’Auguste Rodin : « Quand j’ai marché sur la piste, j’ai compris que ce n’était pas du terrain bon léger mais plutôt un peu souple, proche de la corde. On aurait peut-être dû prendre un autre couloir. Auguste Rodin a comme objectif la Japan Cup (Gr1) et il fera une autre course d’ici là. Luxembourg, quant à lui, a perdu deux fers. »

La grande sélection du baron von Ullmann

Goliath est un pur produit de l’élevage Schlenderhan et il est le neuvième gagnant de Gr1 d’Adlerflug (In the Wings) qui avait remporté pour l’historique casaque le Deutsches Derby (Gr1) par sept longueurs. La mère, Gouache (Shamardal), a atteint son top niveau à 4ans en remportant une Listed à Hoppegarten sur 1.800m.

Goliath est son deuxième produit après la jument Gamine, elle aussi par Adlerflug qui a gagné cinq courses en Allemagne. La deuxième mère, Guantana (Dynaformer), double lauréate black type et placée de Gr3, a aussi produit le gagnant du Gerling-Preis (Gr2) et du Prix du Lys (Gr3) Guardini (Dalakhani) et l’autre black type Guizot (Tertullian). La troisième mère, Guadalupe (Monsun), a été la pouliche de cœur du baron Georg von Ullmann. Elle a gagné les Oaks d’Italia (Gr1 à l’époque) mais n’a pas réussi le doublé dans le Preis der Diana (Gr1). Elle a terminé sa campagne classique avec les deuxièmes places dans les Yorkshire Oaks (Gr1) et le Grand Premio del Jockey Club (Gr1) face aux mâles. Elle a donné six gagnants, dont Guignol (Cape Cross) qui a remporté le Grosser Preis von Baden (Gr1) et le Grosser Preis von Bayern (Gr1) deux fois, et Guiliani (Tertullian), gagnant des Bayrisches Zuchtrennen (Gr1). Les deux ont officié comme étalons.

Gouache a une 2ans par Adlerflug et une yearling par Magna Grecia (Invincible Spirit). Elle a été achetée pour 200.000 € à la vente d’élevage pleine de Blackbeard (No Nay Never) par Agrolexica International.

Une démarche singulière

Goliath se fait toujours remarquer au rond de présentation. Quand il marche, il remonte très haut son postérieur gauche, en raison d’une hyperflexion de son jarret. On dit qu’il « harpe ». Les causes de cette affection sont encore mal comprises, même si un facteur neurologique est souvent privilégié, mais selon le grade dont le cheval est atteint, elle n’empêche en rien sa carrière sportive.

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