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LA GRANDE INTERVIEW – À quoi Florent Géroux peut-il encore rêver ?

  Par Anne-Louise Échevin En l’espace de moins de trois mois, Florent Géroux a remporté la Breeders’ Cup Classic et la Pegasus World Cup avec Gun Runner, le cheval d’une vie. Le jockey français, bientôt américain, a accepté de répondre à nos questions quelques jours après sa victoire dans la course la plus richement dotée du monde, la tête déjà tournée vers le Kentucky Derby. Jour de Galop. – Vous avez remporté la Breeders’ Cup Classic et la Pegasus World Cup avec Gun Runner (Candy Ride), un cheval assez extraordinaire. Pouvez-vous nous parler de lui ? Florent Géroux. – Gun Runner est tout simplement le meilleur cheval que j’aie monté dans ma carrière. Ce ne sera pas facile d’en retrouver un comme lui : il est certainement ce que l’on appelle le cheval d’une vie. Une de ses particularités est qu’il adore gagner. C’est un vrai combattant. Dans son action, je le trouvais aussi différent des autres chevaux que j’ai pu monter. On avait vraiment cette impression de le sentir s’allonger, d’être plus bas que les autres. Il avait une capacité incroyable à récupérer de ses courses et il voyageait bien. Gun Runner a vraiment eu des courses dures dans sa carrière : le Kentucky Derby et ses préparatoires par exemple. Neuf fois sur dix, les poulains ne reviennent pas après de tels combats. Ils prennent vraiment très dur. Lui, il revenait toujours à son meilleur niveau. Il lui a fallu attendre la fin de son année de 3ans pour gagner son premier Gr1, il n’était pas précoce. Mentalement, Gun Runner dégageait ce truc en plus qui fait les très bons chevaux. Il ne lâchait jamais rien. Sa force mentale était-elle son grand atout ? Certainement. Gun Runner a beaucoup voyagé. Une Zenyatta, par exemple, était restée majoritairement en Californie. Gun Runner n’a pas fait l’hiver qu’en Californie. Il est allé à Churchill Downs dans le Kentucky, à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane… Il en a fait, des kilomètres ! Gun Runner a vraiment cette capacité à très bien voyager, c’est important. De plus, même quand il perdait, il gardait le moral. Il a progressé de 3ans à 4ans. Gun Runner est désormais au haras mais je crois que s’il était resté en compétition à 5ans, il aurait été très compétitif. Entre la Dubai World Cup 2017, où il est deuxième d’Arrogate (Unbridled’s Song), et la Pegasus World Cup 2018, a-t-il justement beaucoup progressé ? Concernant la Dubai World Cup, je pense qu’Arrogate a fait quelque chose d’extraordinaire ce jour-là. Gun Runner a fait sa valeur à Meydan. Peut-être n’était-il pas au top comme il l’était lors de la Breeders’ Cup Classic ou lors de la Pegasus World. Mais Arrogate a vraiment donné la course de sa vie. Que se passe-t-il dans votre tête lorsque vous remportez la Breeders’ Cup Classic, jamais gagnée par un jockey français, ou la Pegasus World Cup ? Je ne pense pas au fait que je suis le premier jockey français à la gagner ! La Breeders’ Cup Classic, c’est notre Arc de Triomphe, c’est notre objectif. Quant à la Pegasus World Cup, c’est une course toute neuve, qui s’est courue seulement de...

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