Élevage /

LE MAGAZINE – Olivier Tricot, tous les chemins mènent à l’obstacle

  Par Adrien Cugnasse En 2017, pour la première fois, Olivier Tricot a intégré le top 5 des éleveurs de sauteurs en France, notamment grâce à Perfect Impulse (Prix Troytown et Ingré, Grs3) et A Mi Manera (Prix André Michel, Gr3). Rencontre avec un éleveur qui sort des sentiers battus. Olivier Tricot est installé dans l’Orne, au haras de la Vallée, à une dizaine de kilomètres du haras du Pin. C’est là que cet ancien policier, en compagnie de Murielle Legriffon, a décidé de se lancer dans un pari assez fou au milieu des années 1990 : l’élevage, sans attache familiale dans cet univers. Il nous a expliqué : « Au départ j’avais la passion des chevaux mais aucun lien avec les courses. J’ai acheté une jument pur-sang que je trouvais très agréable sous la selle. Ce fut le départ de mon intérêt pour l’élevage et les courses. J’ai appris sur le tas, en essayant de comprendre la façon dont les autres procèdent. Forcément, j’ai pris quelques claques, mais les erreurs font avancer. » Des débuts en plat. Olivier Tricot n’a pas débuté en élevant des sauteurs : « J’ai commencé avec des juments de plat. À l’époque, afin de produire des chevaux pour la vente d’août, j’allais même à la saillie en Irlande, en particulier à Invincible Spirit, Cape Cross et Danehill Dancer, alors qu’ils officiaient à moins de 10.000 €... J’ai notamment élevé Tandori (2e du Grand Prix du Lion-d'Angers et 3e du Prix du Point du Jour, Ls) et Squad (3e du Derby du Midi et du Derby du Languedoc, Ls). Mais bien souvent, mes souches se sont reconverties sur les obstacles. D’ailleurs, Misery (Baryshnikov), la sœur de Squad, est la mère de Dalila du Seuil (Prix Alain et Gilles de Goulaine & Dominique Sartini, Ls). L’aptitude au saut c’est une chose, mais il faut aussi de la classe. Dès lors, les origines qui ont fait leurs preuves en plat font la différence. La difficulté de l’obstacle, c’est le temps. Pour percer en tant qu’éleveur, c’est très long… Beaucoup plus long qu’en plat ! Néanmoins, à présent, mes dix-huit poulinières sont toutes à orientation obstacle. L’élevage des chevaux de plat est devenu inaccessible. Celui des sauteurs a beaucoup progressé. Les meilleurs chevaux d’Auteuil ont aujourd’hui assez de classe pour bien faire en plat. C’est le cas de Device (Poliglote) : il vient d’ailleurs d’une famille qui avait précédemment donné des chevaux de haut niveau dans cette discipline. Je pense qu’un jour ou l’autre, on est obligé de revenir à la sélection par le plat pour produire des sauteurs. À ce titre, j’ai du mal à croire qu’on puisse ...

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