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« En 2018, le PMU vise 10 milliards d’enjeux et versera 800 millions à la filière »

Alain Resplandy-Bernard « En 2018, le PMU vise 10 milliards d’enjeux et versera 800 millions à la filière »   Le PDG du PMU par intérim annonce de bonnes nouvelles pour toute la filière et aborde l’avenir avec confiance : à la fois dans le sport des courses et dans la capacité du PMU à innover pour créer de nouveaux relais de croissance.     Jour de Galop. - Les lecteurs de Jour de Galop se posent tous la même question : que devons-nous attendre ou espérer du PMU en 2018 ? Alain Resplandy-Bernard. - La croissance des enjeux va continuer, avec pour objectif un franchissement des 10 milliards d’euros. Ce même palier, nous l’avions franchi à la baisse en 2013… En 2018, nous devrions aussi repasser un autre seuil symbolique : celui des 800 millions d’euros reversés à la filière. Car, pour la première fois depuis 2011, notre résultat net sera à la hausse. Nous retrouverons également la croissance même dans le réseau physique… là encore pour la première fois depuis sept ans.   Quels sont les leviers de cette croissance retrouvée ? D’abord, notre croissance à deux chiffres va continuer à l’international. Ensuite, nous allons poursuivre notre politique d’innovation en matière de produits et de marketing. Nous revenons aussi dans la bataille du recrutement via le pari sportif et aussi grâce à notre plateforme de simplification du pari hippique, Hipigo. Enfin, nous allons affiner notre stratégie commerciale, avec une logique plus personnalisée et plus locale. Nous restons des commerçants : il faut vendre ! Et il faut vendre en segmentant, car on ne vend pas de la même façon dans un point de vente qui accueille des turfistes experts et dans un point de vente plus généraliste, qui accueille aussi des joueurs de la FDJ. D’un point à l’autre, nous n’aurons plus la même animation commerciale. Nous allons faire moins de grandes opérations nationales grand public, mais des opérations ciblées en fonction des publics, redonner la main aux commerciaux sur le terrain et ce sont eux qui vont s’adapter à leurs clients… et pas l’inverse. C’est l’addition de toutes ces actions qui va nous permettre de renouer durablement avec la croissance.   L’année 2017 a été mouvementée pour le PMU. Départ de Xavier Hürstel, lancement de nouveaux jeux… Quel bilan provisoire peut-on en tirer ? Nous sommes dans un contexte assez rude. Les sociétés de courses viennent de valider leurs mesures économiques, qui ont un impact fort. Il ne faut pas se voiler la face sur ce fait, qui touche les socioprofessionnels et tout le milieu. Il est normal que certaines personnes se posent des questions et se tournent vers nous. Xavier [Hürstel, ndlr] est parti, mais il a laissé une maison en ordre de marche. La stratégie a été définie en octobre-novembre 2016 avec le Conseil d’administration du PMU. L’équipe de direction déroule cette stratégie PMU 2020.1. Et cette stratégie a commencé à porter ses fruits dès 2017, comme on l’a vu avec le redémarrage du pari hippique. Je rappelle que 95 % des efforts de notre plan stratégique concernent le redémarrage du pari hippique.   Quel est le bilan 2017, précisément, pour le pari hippique ? Nous sommes en croissance de 2 %. Le moteur international continue à bien fonctionner, avec une poussée d’environ 10 %, et toujours une augmentation du nombre de pays avec lesquels nous travaillons. Parmi eux, citons les arrivées récentes de Madagascar et de l’île Maurice. Mais, surtout, les enjeux ont redémarré en France, grâce à plusieurs facteurs. Sur Internet, les programmes de fidélisation que nous avons développés nous permettent d’afficher une croissance de 7 %. Le Simple Jackpot est un succès global… et il est particulièrement fort sur Internet. En ligne, nous avons aussi amélioré le parcours clients. De son côté, le téléphone est à + 60 % grâce à l’innovation du pari par SMS. D’ailleurs, en 2017, le pari par SMS va représenter plus d’enjeux que le téléphone : nous sommes à 90 millions d’euros de paris par SMS un an après son lancement. Le pari par SMS est simple d’usage et répond à un besoin de gens qui veulent jouer dans la masse offline.   En ce qui concerne le réseau en dur, quels sont les enseignements en 2017 ? Sur le réseau de points de vente, nous avons freiné la décroissance, en affichant – 0,8 %. Nous n’avons pas été aidés par les quatre Quinté+ annulés, qui constituent un record depuis 2005. Le Simple Jackpot, comme je l’ai déjà dit, a rencontré un très grand succès : en sept mois, nous avons fait le chiffre d’affaires espéré pour une année pleine, à 150 millions d’euros. L’augmentation du taux de retour a aussi été bénéfique aux enjeux. Il permet un vrai redémarrage des enjeux, avant le redémarrage de la marge. Nous avons d’abord voulu redonner de l’attractivité à notre produit et surtout à notre produit cœur : le pari Simple. Nous l’avons fait en donnant plus au joueur, donc en acceptant de faire moins de marge. Mais c’était une condition nécessaire si nous voulons, en 2018 /2019, avoir un résultat net en hausse. Pour nous, 2017 a été l’année du rallumage de la fusée.   Peut-on faire un bilan spécifique sur le galop, notamment à la suite du remaniement du programme à partir de l’automne 2016 ? Nous aurons le bilan complet à la fin de l’année. Mais nous avons constaté, sur toute la première partie de l’année, que le travail sur le programme a porté ses fruits en plat. En fin d’année, la tendance est moins positive, en particulier du fait de la baisse des partants en obstacle. Au total, sur l’année, cela nous coûtera de 20 à 25 millions d’euros d’enjeux.   L’obstacle, avec moins de partants, pourrait-il donc être menacé au sein du PMU ? Je rappelle la raison d’être du PMU : c’est le développement de la filière hippique française. Nous ne sommes pas un opérateur lambda. Si j’étais un opérateur lambda, je dirais à mes actionnaires de supprimer les courses à peu de partants. Ce n’est pas ce que nous faisons. Nous trouvons cela normal qu’il y ait de très belles courses, sur le plan sportif, avec peu de partants. La création du Super 4 est très conforme à cet ADN. C’était à nous, le PMU, de nous adapter et d’inventer un jeu spéculatif intéressant dans les courses à moins de neuf partants.   Quel bilan proviso...

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