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EN RÉGIONS – Martinique : une première « 100% premium » réussie

 

Chaque semaine, à partir de ce mercredi, Jour de Galop vous proposera une immersion en régions, au plus près des acteurs qui œuvrent dans les sociétés de courses. Nous commençons par un voyage en Martinique. L’hippodrome de Carrère a accueilli dimanche dernier sa première réunion avec six courses de galop premium.

Dimanche dernier, c’était jour de Grand Prix à Carrère, l’hippodrome de la Martinique. Mais pas seulement. Pour la première fois de son histoire, la société des courses locale accueillait une réunion de six courses de galop premium, diffusées sur Equidia, en fin de journée. Les résultats ont dépassé les espérances. Cinq mille personnes étaient présentes sur le site et les enjeux totaux se sont élevés à 1,8 million d’euros. Hugues Jean-Louis, président de la Société des courses Madinina, nous a confié : « Ce résultat est une grande satisfaction pour nous, surtout que nous partions avec quelques handicaps : les horaires de la réunion, qui débutait à midi heure locale, mais donc à 17 heures en métropole, et le fait que les PMU en Martinique soient fermés le dimanche après-midi. Nous manquons aussi de bornes de prises de paris sur l’hippodrome, ce qui a généré des files d’attente assez importantes sur place. C’est quelque chose que nous devons améliorer, mais ce score proche de 2 millions d’euros confirme le potentiel des courses martiniquaises. Cette année, nous allons accueillir 30 courses premium, alors que nous n’en avions que 9 l’an passé. Le fait que Jean-Baptiste Andreani, très proche du président Rothschild, se soit déplacé, est un message fort pour nous, auquel nous avons été très sensibles. »

Jean-Baptiste Andreani, administrateur de France Galop, était sur place en observateur attentif. Il nous a confié : « C’était la première fois que je me rendais sur l’hippodrome de Carrère. Les résultats attestent du bon travail qui est effectué sur place. Je pense qu’avec plus de bornes de prises de paris, les enjeux auraient atteint les 2 millions d’euros sans problème. Je suis convaincu que les courses en Martinique et en Guadeloupe, où je vais également me rendre, présentent un vrai potentiel pour les parieurs, et pourraient avantageusement remplacer les réunions d’Amérique du Sud de fin de journée par exemple. Bien sûr, il y a encore du travail à faire, mais ils sont sur la bonne voie. » France Galop avait dépêché sur place deux techniciens, Henri Kiriel et Éric Behuet : la société-mère veut continuer à améliorer les processus localement.

La filière course en Martinique en pleine mutation

Environ 120 chevaux sont entraînés en Martinique, sur le site même de l’hippodrome, par une dizaine d’entraîneurs publics et beaucoup de permis d’entraîner. Hugues Jean-Louis explique : « Nous avons comme projet de gros travaux sur le centre d’entraînement. Nous allons pouvoir accueillir plus de chevaux. Nous voulons vraiment valoriser la filière cheval en Martinique, en faire un atout économique et touristique. Nous sommes en fait en pleine restructuration, pour passer de l’amateurisme au professionnalisme. L’hippodrome est toujours très fréquenté par le public. Nous n’avons pas le problème de désertification des champs de courses comme en métropole. Il y a un vrai engouement pour les courses de chevaux, et le matin, les PMU sont souvent bondés ! Nous courons toute l’année. Nous avons 14 réunions par an, souvent composées de six courses de galop et deux de trot. Cette année, pour la première fois, nous allons courir un samedi. Habituellement, nous courons le dimanche. Actuellement, nous fonctionnons avec trois salariés et une équipe de bénévoles très motivés ! »

Le grand jour de Pauline Bardon

Dimanche, une course était réservée aux amateurs, le Prix du Club des Gentlemen-Riders et des Cavalières. Chaque année, une délégation de gentlemen-riders et de cavalières se déplace en effet en Martinique, sous l’impulsion de Yannick Mergirie. Mais ce dernier a dû laisser la victoire cette année à Pauline Bardon, qui n’avait plus monté en course depuis quatorze ans ! Elle venait tout juste de reprendre sa licence, après avoir renoué avec la compétition à l’occasion de la course des vétérans, cet été à La Teste.

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