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KEENELAND – Don Alberto Corporation s’offre une nouvelle millionnaire

 

Les Chiliens de Don Alberto Corporation ont joué le premier rôle lundi, lors de la session d’ouverture de la Keeneland January Sale, en s’adjugeant le top price d’une vente qui a débuté sous le signe du « moins ». Le chiffre d’affaires a baissé de 13,631 à 10,514 millions de dollars et tous les autres indicateurs sont en recul (- 13,88 % pour le prix moyen et – 11,39 % pour le médian). La seule bonne note de la session est le retour d’un top price à plus d’un million de dollars.

Don Alberto Corporation, derrière laquelle se cache l’élevage de la famille Haller-Solari, est monté jusqu’à 1.025.000 dollars pour s’adjuger Siren Serenade (Unbridled’s Song), 11ans, placée à plusieurs reprises mais incapable de gagner. La poulinière a déjà produit Luminance (Tale of the Cat), placée de Gr1 et achetée par les mêmes investisseurs pour un million de dollars en novembre, à Fasig-Tipton. La production et le pedigree – elle est issue de la multiple gagnante de Gr1 Versailles Treaty (Danzig) et est donc une demi-sœur de George Vancouver (Henrythenavigator), lauréat de la Breeders’ Cup Juvenile Turf (Gr1) et étalon au haras de la Hêtraie – ne suffisent pas à justifier l’engouement pour Siren Serenade. C’est surtout le covering sire, l’incontournable Tapit (Pulpit), qui a fait monter les enchères. Il faut savoir qu’en 2016, neuf poulinières pleines de cet étalon ont été vendues à un prix moyen de 1.700.000 $ et cinq d’entre elles ont dépassé le million. En plus, Unique Bella (Tapit), impressionnante lauréate par plus de sept longueurs dimanche, à Santa Anita, des Santa Ynez Stakes (Gr2), pour la casaque Don Alberto, a donné une autre bonne raison d’investir. La pouliche est issue d’Unrivaled Belle, une fille d’Unbridled’s Song. Le poulain (ou pouliche) qui va naître en mai, par Tapit et Siren Serenade, répète donc le croisement de Unique Bella.

Une neuvième millionnaire. Siren Serenade est la neuvième poulinière payée plus d’un million par Don Alberto Corporation, qui avait acheté, en octobre 2013 et pour 13,8 millions de dollars, le haras de Vinery Farm au Kentucky. Cette année-là, Haller Solari avait dépensé 17.694.000 dollars pour cinquante poulinières et pouliches sortant de l’entraînement, dont cinq millionnaires. En 2014, l’entité a encore acquis 12 femelles pour 14.225.000 dollars. C’était la base de l’élevage.

Un investissement de 44 millions. Don Alberto a réduit ses achats en 2015 et 2016, tout en cherchant à améliorer la qualité de sa jumenterie. Neuf autres nouvelles poulinières sont rentrées dans le cheptel avant Siren Serenade et parmi elles, il faut noter Baffled (Distorted Humor) à 3,5 millions, Angela Renee (Bernardini) à 3 millions, et Luminance, dont on a déjà parlé. Les investissements de Don Alberto sont désormais concentrés aux États-Unis, alors qu’en 2013, les Chiliens avaient aussi acheté en Europe, cinq lots à Tattersalls en décembre et sept à Goffs. Le total dépensé par Don Alberto, uniquement pour les 72 pouliches et poulinières, s’élève (d’après la base de données de Bloodhorse) à plus de 41 millions pour un prix moyen de 578.875 dollars. En ajoutant une douzaine de yearlings (presque uniquement des femelles), on monte à 44,3 millions de dollars.

Le chapitre Frankel. Don Alberto Corporation a joué à fond la carte Frankel en achetant à l’amiables dix poulinières saillies en 2013, mais dans l’hémisphère Sud, par le crack du prince Abdullah. Les dix jeunes chevaux sont à l’entraînement au Chili et en Argentine, où la saison des 2ans vient juste de commencer. Ce n’est pas donc pas un hasard si la première victoire en Europe des couleurs Don Alberto est arrivée avec un Frankel, Cunco, qui avait fait la Une deux fois : en janvier 2014, comme premier foal de l’étalon, et en mai 2016, comme premier gagnant de son père.

Côté étalons, Don Alberto Corporation a des parts dans Empire Maker (Unbridled), racheté par Gainesway Farm et revenu au Kentucky après cinq saisons au Japon.

Une puissance économique. La famille Solari possède des intérêts dans la grande distribution commerciale, dans la compagnie aérienne LAN, mais aussi dans des banques et des chaînes de télévision. Alberto Solari, le grand-père de Carlos Heller, avait commencé avec le haras Tarapacà, repris après sa mort par sa fille Liliana, qui a donné le nouveau nom haras Don Alberto. Les poulinières basées au Chili sont au nombre de 334, alors que dans la liste des étalons, la plupart « shuttle », on note Mastercraftsman (Danehill Dancer), No Nay Never (Scat Daddy), Stay Thirsty (Bernardini), War Command (War Front) pour ne citer qu’eux.

Un American Pharoah pour Peter Brant. Les deux juments pleines du champion American Pharoah (Pioneerof the Nile) n’ont pas fait monter en flèche les enchères comme on pouvait s’y attendre. La première à entrer dans le rond, Dame Ellen (Elusive Quality), n’a pas atteint son prix de réserve (185.000 dollars) alors que Peter Brant est monté jusqu’à  380.000 dollars pour Divalarious (Distorted Humor), une demi-sœur de la gagnante de 1.000 Guinées Sleepytime (Royal Academy). Le poulain (ou la pouliche) est attendu à la mi-mars. Mardi, en tout début de session, une autre poulinière pleine d’American Pharoah a trouvé preneur. La firme International Equities Holding a payé 575.000 dollars pour Joyfully (Mineshaft).

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